Modules professionnels du master SPI


« Accompagnement à l’élaboration du projet et de la recherche de stage »

Par des récits d’expérience, des études de cas et du travail en groupes, les séances ont pour objectif de rendre plus concret le monde du travail de l’action internationale, ses débouchés et les différents métiers qui la compose. Un travail technique sur les CV, lettres de motivation, méthodes et outils de recherche permettra de mettre son projet en lien avec ses compétences et, pour ceux qui auront le plus difficultés à trouver un stage, un suivi individualisé sera proposé.

Fabrice Teicher

Fabrice travaille depuis plus de 15 ans dans le milieu associatif, dans l’éducation populaire, la formation et la solidarité internationale, notamment en tant que directeur d’une ONG de développement. En tant que consultant, au sein de la structure qu’il a créé avec d’autres consultants, La Cabane, Fabrice accompagne aujourd’hui des organisations d’intérêt général (associations, ONG…) dans le renforcement de leur structure face aux questions qui traversent actuellement le secteur (changement d’échelle, gouvernance, stratégie…)


« Déconstruire la carte pour comprendre/reconstruire les territoires »

A travers quelques thèmes (Migrations et circulations globales, frontières et territoires, inégalités et colonialisme) nous déconstruirons la carte pour mieux en comprendre la logique, les intentions qui ont été à l’origine de sa composition et nous verrons pourquoi et comment la carte est un objet qui représente tout sauf la réalité, qui est le produit d’une construction intellectuelle subjective et par conséquent, une représentation facile à « manipuler » et très efficace à utiliser comme instrument de « propagande ».

Philippe Rekacewicz

Philippe Rekacewicz is a French-american born 1. November 1960 in Paris and living in south Norway. He is a journalist, geographer and cartographer and journalist. He was a permanent collaborator of the French international monthly newspaper le Monde diplomatique (1988-2014) and was working for 12 years as head of cartographic department in the UNEP office in Norway, leading various project in the field of environment and human security. He leads “critical” cartographic projects related to relationship between maps, art and politics, maps as objects of propaganda and manipulation, and experimental cartography in the context of public space confiscated by private interests. He co-lead the website « visionscarto.net » which was open in May 2014.

 


« Evolution du dispositif de soins sanitaires et psycho-sociaux projetés. De la France à l’international, enjeux politiques et défis de terrain »

La naissance de dispositifs de soins projetés dans le monde civil se base sur un concept révolutionnaire issu de la médecine de guerre: l’idée de l’hôpital se projetant hors ses murs sur la scène de l’incident pour apporter les premiers soins sur place, et prendre en charge les victimes directement sur le lieu de l’incident ou de la crise pour les traiter en urgence et les accompagner vers une structure spécialisée. Sur ce concept naissent en France Médecins Sans Frontières (1972), d’un part, le SAMU (fin années 60 – officialisé par la loi de 1986) et le SAMU SOCIAL (1993) de l’autre. Ces dispositifs impliquent l’élaboration d’une doctrine médico-sociale de l’urgence, ainsi que la formation et la logistique de professionnels de l’urgence, et la mise en place d’une équipe de coordination et régulation des interventions via un numéro gratuit d’appel d’urgence (15, 115). Dès que ces deux réalités, françaises à l’origine, s’exportent à l’étranger (MSF, SAMU de France, SAMU SOCIAL INTERNATIONAL) et deviennent des références internationales de la médecine humanitaire et dans la réponse aux situations de crise, l’enjeu devient politique. La présente conférence expose les enjeux majeurs d’une médecine d’urgence à l’international, dans nos sociétés où les “Affaires Humanitaires” sont désormais une partie importante, stratégique, dramatiquement actuelle de la géopolitique mondiale (Bureau OCHA de l’ONU 1992 qui complète l’action du CICR), tout comme de la politique interne de chaque pays.

Docteur Xavier Emmanuelli – Samu Social International

Urgentiste SAMU, co-fondateur de MSF, Fondateur du Samu Social et Président Fondateur du Samu Social International, ancien Secrétaire d’Etat à l’Action Humanitaire, ancien président du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées (1997-2015), spécialiste de l’exclusion (adultes et enfants des rues)

 


« La critique au sein de l’humanitaire: l’apport des sciences sociales »

Comment organiser la réflexion et la critique au sein de l’humanitaire ? En se basant sur l’expérience du CRASH, le centre de réflexion de MSF à Paris, dont il sera restitué l’histoire, nous tenterons de montrer l’apport des sciences sociales et humaines aux pratiques humanitaires. Nous reviendront en particulier sur une enquête de terrain au Yémen destinée à documenter l’insécurité affectant le travail médical et la manière avec laquelle le personnel tentait de se protéger, ainsi que sur une recherche de deux ans ayant abouti à la publication d’un ouvrage critique sur les évolutions de la gestion des risques au sein du secteur humanitaire.

Michaël Neuman- Médecin Sans Frontières (MSF)

Directeur d’études au Crash depuis 2010, Michaël Neuman est diplômé d’Histoire contemporaine et de Relations Internationales (Université Paris-I). Il s’est engagé auprès de Médecins sans Frontières en 1999 et a alterné missions sur le terrain (Balkans, Soudan, Caucase, Afrique de l’Ouest notamment) et postes au siège (à New York ainsi qu’à Paris en tant qu’adjoint responsable de programmes). Il a également participé à des projets d’analyses politiques sur les questions d’immigration. Il a codirigé « Agir à tout prix? Négociations humanitaires, l’expérience de MSF » (La Découverte, 2011) et « Secourir sans périr. La sécurité humanitaire à l’ère de la gestion des risques » (CNRS Editions, 2016).

 


« Accueil des réfugiés et nouvelles technologies »

Créée en 2011, SINGA est une communauté ayant pour objectif de créer des ponts entre les personnes réfugiées en France et leur société d’accueil. SINGA favorise l’émergence d’espaces et d’outils de rencontre, d’échange et de collaboration entre les personnes réfugiées et leur société d’accueil afin de favoriser le vivre ensemble, l’enrichissement culturel et la création d’emplois.

Guillaume Capel – SINGA

Directeur de Singa France, Guillaume Capel a étudié les relations internationales avant de rejoindre Amnesty International en Australie où il prend part à un groupe qui intervient en soutien aux migrants arrivés sur le sol australien. De retour en France, il publie en 2012 Le cheveu sur la soupe, dans lequel il dépeint l’envers du décor de la carte postale australienne. Décidé à monter sa propre structure pour changer l’image des étrangers qui ont obtenu le statut de réfugiés en France et faciliter leur intégration, il co-fondera alors SINGA avec son acolyte Nathanaël Molle en 2012.

 


« Observer les frontières en réseau »

Migreurop est un réseau d’associations, de militants et de chercheurs présents dans une vingtaine de pays d’Europe, d’Afrique et du Proche-Orient. Son objectif est de faire connaître et de dénoncer les politiques de mise à l’écart des personnes en migration, en particulier l’enfermement dans des camps, les formes diverses d’expulsion, la fermeture des frontières ainsi que l’externalisation des contrôles migratoires pratiquée par l’Union européenne et ses États-membres. Le réseau contribue ainsi à la défense des droits fondamentaux des exilés (dont celui de « quitter tout pays y compris le sien ») et à promouvoir la liberté de circulation et d’installation. www.migreurop.org  | www.frontexit.org | www.closethecamps.org | FB et Twitter @migreurop

L’intervention reviendra sur les origines du réseau, ses positionnements, ses thématiques et axes de travail, ainsi que sur son mode de fonctionnement, avec un focus sur les programmes d’envoi de volontaires sur le terrain auxquels le réseau participe et le projet/la mobilisation Close the Camps.

Alessandra Capodanno – MIGREUROP

Alessandra Capodanno : Après avoir travaillé dans le milieu syndical, puis associatif de défense des droits des étrangers en Italie, Alessandra Capodanno fait partie, depuis septembre 2012, de l’équipe de coordination de Migreurop.

 


« Introduction au cycle du projet »

Sur la base de l’expérience professionnelle de l’intervenante, le cours propose aux étudiants une introduction pratique au cycle du projet : identification des besoins, formulation du projet, financement et mise en œuvre, suivi/évaluation. Les questions liées à la prise en compte et à l’implication des bénéficiaires à chacune des étapes seront discutées, les partenaires techniques et financiers clefs des acteurs de mise en œuvre identifiés.

Emilie Henry

Emilie Henry est aujourd’hui directrice d’une association travaillant sur la réduction des inégalités sociales de santé basée dans la cité des Francs Moisins à Saint Denis, après plus de dix ans d’expérience dans la coopération internationale en santé (renforcement de compétences d’organisations communautaires de lutte contre le VIH/sida, développement de projet de recherche communautaire, gestion de projet), Ses domaines d’intérêt sont la santé et la mobilisation communautaire ainsi que le renforcement des capacités des acteurs de terrain.

 


« Figures des victimes de violences liées au genre dans la communication et les discours humanitaires » 

Ce cours vise à analyser la communication autour des actions en faveur des victimes de violences sexuelles à partir des rapports et campagne de certaines ONGs. Il s’agit aussi de comprendre comment cette communication construit des figures de victimes autant qu’elle décrit et dénonce la réalité des violences subie par les femmes dans les conflits armés et sur les parcours de migration. En contrepoint, la communication – ou l’absence de communication – d’associations françaises travaillant dans le champ de l’asile de la migration seront-elles aussi décryptées.

Laure Wolmark

Laure Wolmark est psychothérapeute et responsable de service au Comede (Comité pour la santé des exilés). Elle a travaillé pour Médecins sans Frontières en tant que coordinatrice de projets de soins à destination des victimes de violences sexuelles. Parmi ses publications : « Portraits sans visages. Des usages photographiques de la honte », dans le revue Science et Video en 2010. http://scienceandvideo.mmsh.univ-aix.fr/numeros/2/Pages/default.aspx


« Recherche et advocacy appliquées à la résolution de conflit »

Au cours des dernières décennies, alors que les « small wars » souvent oubliées des médias semblent se multiplier, les organisations internationales qui se penchent sur les conflits armés semblent aussi de plus en plus nombreuses. Certaines sont des organisations strictement humanitaires, d’autres dénoncent violences et crimes, d’autres encore prétendent prévenir ou résoudre les conflits, ou reconstruire et développer les zones touchées. En prétendant se « professionaliser » tout en peinant souvent à prendre en compte la complexité des conflits et de leurs contextes, ces organisations ont de plus en plus cherché à « comprendre », tentant elles-mêmes de faire de la recherche ou ayant recours à des chercheurs. En outre, des chercheurs s’associent à ces organisations, pour avoir les moyens (financiers ou logistiques) d’accéder à des zones difficiles, mais aussi dans l’idée d’avoir un impact plus important sur les conflits eux-mêmes, d’influencer les interventions internationales et les décideurs politiques, ou de porter un « témoignage » (advocacy) malgré le manque d’intérêt des médias.

Jérôme Tubiana

Jérôme Tubiana est chercheur, spécialiste du Soudan, du Soudan du Sud et du Tchad. Depuis 2004, il a travaillé sur les conflits et les groupes armés dans ces trois pays, en particulier pour l’ONG Small Arms Survey, l’International Crisis Group, des organisations humanitaires (Action contre la faim, Médecins sans frontières), l’USIP (United States Institute of Peace), la médiation de l’Union Africaine et des Nations unies sur le conflit du Darfour, et le Panel d’experts du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le Soudan. Auparavant il a été journaliste et photographe, couvrant en particulier les conflits dans la Corne de l’Afrique. Il a publié de nombreux articles en France et à l’étranger (notament dans Foreign Affairs, Foreign Policy, la London Review of Books, XXI, Le Monde diplomatique, National Geographic Magazine-France et Géo).

 


« La construction de « l’Etat fragile » et ses agents »

La longue crise de la dette culminant au début des années 1980 et l’impasse de la pauvreté structurelle de l’Afrique ont conduit le système international de l’aide à des révisions successives des conceptions du développement. Les notions de coopération, de réformes, d’ajustements, de démocratisation alimentent ainsi davantage une bureaucratie néolibérale qu’elles ne produisent d’effets sur les pays africains. Plus que vers la transformation de leurs économies, l’effort de la dite communauté internationale se porte vers la réduction des vulnérabilités et au premier chef se concentre sur les périls humanitaires découlant des conflits. Je forme l’hypothèse que la « fragilité » congénitale des pays bénéficiaires des appuis pluriels d’une situation d’urgence humanitaire est une construction politique. L’humanitaire articule, en se substituant au développement, les énoncés et les pratiques qui participent de la formation sociale de l’Etat fragile, et de la sorte se perpétue. Dans cet ordre du discours, se déploie l’érection d’une méta-souveraineté dont le pôle n’est ni l’Etat, ni le peuple. Ils sont substitués par le totalitarisme humanitaire, régnant de la justice à la santé de l’Etat fragile. Il se tente le véhicule d’un ordre global de la paix, en le reliant à la pragmatique de la protection de la population jugée vulnérable sur le terrain. Cela induit une mutation des professions existantes de la sphère de l’aide, des diplomates aux médecins, et la genèse de métiers nouveaux et d’activités induites.

Olivier Vallée

Olivier Vallée travaille depuis 1977 comme économiste et politiste en Afrique. Plusieurs livres, dont la première économie politique critique de la zone franc en 1989. En 1992, avec Les entrepreneurs africains, rente, secteur privé et gouvernance, (Paris, Éditions Syros, 1992) était combattu le préjugé de l’absence d’esprit du capitalisme sur le continent africain. Avec les Gemmocraties en 1997, est exposée pour la première fois la relation qui existe entre les creuseurs misérables des alluvions diamantifères, les bourses du diamant d’Anvers, de Tel Aviv, de New-York, les mercenaires et les marchands d’armes pour l’appropriation des gemmes. Pouvoirs et politiques en Afrique, deux ans plus tard, édité aussi chez Desclée de Brouwer, décrit la vague démocratique, souvent réduite à une procédure électorale, du fait du compromis entre la communauté internationale et les dirigeants africains de l’époque, dont certains sont encore en place aujourd’hui. La police morale de la corruption (2010) expose l’industrie de l’anti-corruption, dirigée contre l’Etat africain essentiellement, qui saura la réutiliser dans la manipulation de ses concurrents et adversaires politiques.

 


 

 

emploi du temps 2eme semestre 2016